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SPÉCIAL
HAUT-BÉARN
On
entendait de temps en
temps lorsque nous étions enfants : « Il
ne faut pas suivre le mauvais exemple ». Pourtant,
c’est ce qui est en train de se passer au débouché
de la vallée d’Aspe. Tous
les lecteurs des journaux locaux connaissent bien l’histoire
contemporaine de la vallée d’Aspe
et les passions qu’elle a soulevées, par des
prises de décision contestables [..
à tout le moins].
Je rappellerai donc pour résumer, que tous les choix
d’importance qui ont été faits, ont été
tous contraires au respect de l’environnement. Les effets
néfastes en sont d’ores et déjà
observables et mesurables. Un risque majeur est en suspens et
peut entraîner à tout moment une catastrophe
irréversible pour la faune et de la flore du gave d’Aspe.
Depuis l'ouverture du tunnel du Somport, début 2003, quinze camions se sont
déversés avec leur contenu dans le gave d'Aspe,
en divers points du parcours, dont un (le 5.6.2007) qui transportait de
l'hydroxyde de potassium (potasse) et qui a occasionné la
destruction du gave sur plusieurs kilomètres et la mort de
milliers de poissons... le dernier en date du 3 avril 2008
(photo ci-dessous) a
bien failli donner le coup de grâce: il transportait du sulfate
de carbone, "produit très volatil, très toxique et très
inflammable" , déclarait le sous-préfet d'Oloron .
Voir
les réactions
- De
nombreux articles sont parus sur les journaux locaux à ce
sujet, photos à l’appui. On en est donc à 15
accidents de ce type. Comment aurait-il pu en être autrement,
puisqu'on a construit un tunnel routier hyper sophistiqué entre
l'Espagne et la France, et qu'on l'a livré à la circulation,
avant de mettre en conformité la route de montagne qui sinue
tout le long de l'étroite vallée, de concert avec le gave ? [
le 18 septembre 2007, le secrétaire d'État aux
transports , Dominique Bussereau déclare à propos
de ce problème : "il ne me paraît pas opportun
de mettre en place une interdiction de circulation pour les
transports de matières dangereuses"]
- Il
portera lui aussi la responsabilité pleine et
entière de la catastrophe.
[Récapitulation quant
aux choix effectués] ~Maintien
d'une activité de type Seveso 2 à l'usine Toyal;
encaissée, au débouché du vallon de Lescun,
tout en surplomb du gave....
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~Choix
du tout-automobile au détriment du ferroutage; d'où
des risques de pollution accrus par le passage de camions qui ne
pourra que se renforcer après l'ouverture de
l'autoroute Bordeaux-Pau et la (vraie-fausse) voie rapide Pau-Oloron (il a été
préféré de construire un tunnel routier
plutôt que de remettre la voie ferrée aux normes et
utiliser le tunnel ferroviaire existant .. et
désormais en jachère / de ce fait les 2
tunnels se trouvent côte à côte -sic!-
).Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué
???. Une des conséquences de ce choix a été
la tendance à la canalisation du gave d'Aspe, dévié
de son lit naturel. .. de ce fait; son cours s'accélère
entraînant la disparition de frayères et un
début d'érosion de certaines berges...etc ..l
.... Dans un autre ordre d'idée: ~Parti pris très
clair de faire disparaître les derniers ours ... avec comme
conséquence indirecte inacceptable, la disparition du dernier
ours de souche : Cannelle, tuée par un chasseur en haute
vallée d'Aspe
Las,
le vent de folie qui a présidé aux destinées
de la vallée d'Aspe, a gagné
son antichambre.
On y
était accueilli par des carrières en bordure de
route. Le bon sens eut voulu qu’on se contentât des
carrières présentes, et de leur esthétisme
discutable, or il a été donné autorisation
il y a peu, d’en ouvrir une nouvelle dans le même
secteur, donnant directement sur la route inter-valléenne
Aspe-Barétous.. Pour ce faire, un pan entier de colline
boisé a été carrément rasé.
Qui plus est, il aurait été donné
autorisation aux exploitants de prélever une quantité
substantielle d’eau dans le ruisseau qui longe la
carrière : le Lourdios. Je rappelle que le Lourdios
dont l’étiage est particulièrement bas, se
jette dans le gave d’Aspe non loin
de là. De ce fait, il y a déjà un risque
certain –si l’information s’avérait
exacte- de transformer à terme le modeste ruisseau en oued
pendant l’été, et de priver le gave
d’Aspe d’un apport non négligeable. Quasiment
derrière la crête en voie d’être rasée
(comme le pic de Rébénacq l’a été
et comme le Poey d’Accous a failli l’être),
dans un secteur situé en lisière du bois de
Bugangue, autorisation aurait été donnée d’
entreprendre une nouvelle carrière sur une étendue
de 13 hectares (une vingtaine de terrains de foot) . Cette
surface énorme est d’autant plus incompréhensible
que la carrière située au Bager sud d’Oloron,
non loin des autres, confinant avec la station thermale de
Saint-Christau, et déjà visible de
fort loin sur la RN 134 *[
voir
photo ci-dessous ]
, pourrait bientôt recevoir l’autorisation de
s’étendre sur une surface d’une quinzaine
d’hectares entraînant la destruction d’autant
d’hectares de forêt ; ce qui défigurerait
de manière irréversible un charmant vallon reliant
tout de même les vallées d’Aspe et d’Ossau
par le bois et la route du Bager énormément
empruntée par les touristes et les cyclistes. *[
il est également intéressant de noter que les
profondeurs du Mailh Arrouy, sur les flancs duquel la
carrière est creusée, ont été
l'épicentre de 4 séismes relativement importants;
de magnitude 3.3 en novembre 2006 , 3.5 le 22 juin
2007 , 3 le 26 août 2007 et 2.8
le 19 septembre 2007 ] -En outre, ce pic est parcouru par une
faille sur toute sa longueur
Le
secteur prévu
pour la nouvelle et énième carrière, se
situe à la croisée des communes d’Aramits,
Ance, Asasp, Agnos et Issor, mais se trouve être
administrativement sur la commune d’Aramits. Or, cet
endroit est jusqu’à ce jour une sorte d’oasis,
compris dans un pentagone délimité par les
bourgades susnommées. Randonneurs et bergers y font
bon ménage, se respectant mutuellement. Le « Pentagone
» est sillonné de circuits de VTT et de
chemins balisés, pédestres et équestres. Ce
paisible paysage de crête vallonnée où règne
le calme, risque de ressembler à terme, à une
mauvaise copie du cirque de Gavarnie. Ce secteur qui a marqué
l’histoire du Béarn, fait partie intégrante
de son patrimoine général à plusieurs
titres. L’endroit nommé Termy, bordant la future
carrière, a été autrefois le théâtre
de démêlés entre paysans des communes
riveraines dont maints papiers juridiques ont gardé
la trace écrite. C’est dire l’intérêt
que présentait le lieu pour nos aïeux. Les crêtes
surplombant (jusqu’à quand ?) le site de la
future carrière se sont inscrites aussi dans l’histoire
du Béarn et même la protohistoire, avec la mise à
jour d’une importante zone de tumulus (grand amas de terre
et/ou de pierres élevé jadis au-dessus des
sépultures), indiquant que nos ancêtres du
néolithique l’avaient investie bien avant le début
de notre ère. Ce secteur interpelle également
l’imaginaire béarnais avec sa légende née
de l’amas de gros rochers occupant le sommet du Soum
de l’Oumbret, dit aussi « Le jardin des fées
». Si on laisse la note romantique de côté,
il est intéressant de noter que dans le site attribué
à la carrière, un ruisseau au moins prend sa
source ; c’est la Mielle. Il traverse par la suite la
ville d’Oloron et va rejoindre le gave d’Oloron
issu de la conjonction des gaves d’Aspe et d’Ossau.
On est en droit de se demander ce que vont devenir les nappes
phréatiques qui alimentent les sources des villages en
contrebas, ainsi que la gracieuse Mielle.
Toute
carrière ayant vocation à s’étendre,
on peut raisonnablement supposer que les deux carrières
très voisines,
finiront un jour par se rejoindre,
transformant de manière irréversible, un coin de
nature pour l'instant préservé, en paysage lunaire.
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Arrêt
sur image .. Tout de même, on doit se poser la question
de savoir pourquoi a-t-on un besoin imminent de tant de cailloux,
et pourquoi est-il envisagé de concentrer le prélèvement
dans un même secteur ( N'y aurait-il de cailloux décailloussables
que dans ce secteur ???? ) Il se pourrait qu'il y ait un
rapport avec les nombreux projets de routes: la Transnavarraise,
l'autoroute A 65 Langon-Pau / Pau-Langon et la
(vraie-fausse) voie rapide dite Pau-Oloron / Oloron-Pau (bien que
curieusement, personne ne fasse le rapprochement). Cette
dernière ne
servirait en fait qu'aux camions et VRP.. Car comment imaginer des oloronais obligés de monter jusqu'à Arbus, pour
redescendre sur Pau; qui plus est sur une des voies les plus passantes du
Béarn ??? .. d'autant plus que le centre historique de Pau se trouve au sud de l'agglomération paloise,
soit à l'opposé de la sortie du tunnel !!! ....alors
qu'Oloron et Pau ne sont distants que de 25kms max, à vol
d'oiseau (sic!) . Qui plus est, en payant le passage sous le
tunnel d'Arbus... -c'est surréaliste- Nous allons complètement
à l'encontre des conclusions du dernier Grenelle de
l'environnement qui a réaffirmé que la principale
cause du réchauffement de la planète est dûe
aux transports routiers et qu'il était indispensable que la France
prenne des mesures concrètes à cet égard. Il
y a un impératif absolu en Béarn en matière
d'environnement, qui est de rouvrir dans les délais
les plus brefs, la ligne ferroviaire Oloron-Canfranc (Espagne)
Ce que j'écrivais ci-dessus en 2007, s'avère on ne peut plus
vrai en, 2008 avec l'augmentation du prix des énergies fossiles,
et la révélation que les réserves diminuent plus rapidement que
ce qui était annoncé. Ainsi, le choix routier en lieu et place
du choix ferroviaire, va accentuer la désertification des
campagnes, car désormais, nombreuses seront les personnes qui y
réfléchiront à 2 fois avant de prendre un emploi très éloigné de
son lieu de domicile
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Redescendons
dans l’arribère (plaine alluviale) d’Asasp.
Toute en douceur, cette plaine était idéale, pour
mettre en relief le caractère sauvage de la vallée
d’Aspe, de par le contraste saisissant, en passant de l’une
à l’autre. Je dis .. était.. car voilà
qu’on annonce l’installation, au beau milieu de cette
plaine, d’une porcherie industrielle géante, [1400
pour commencer; 4000 à moyen terme et après ....]
, histoire de dégoûter les touristes et les
promeneurs de poursuivre plus avant, certainement. Disons
également au passage un mot sur la malbouffe
-corollaire de l’élevage en série- qui
engendre, on le sait de plus en plus, d’effets secondaires
pernicieux. On connaît bien les incidences néfastes
pour la nature, des porcheries industrielles, notamment en
Bretagne, où la plupart des nappes phréatiques sont
polluées et par voie de conséquence, c’est la
région où l’eau de consommation
courante est la plus chère de France. Nous avons ici un
nouveau risque majeur de pollution, avec la situation de la
porcherie en aplomb du gave d’Aspe, juste après ...
une station d'épuration !! sic !!. Pauvre
gave d’Aspe ! Je rappelle au passage que la future
voie de déviation contournant le village d’Asasp se
rapprochera très près du site prévu pour la
porcherie.
Franchissons
notre fleuve sacré. Passons par le
village d’Eysus qui bénéficierait de nouveaux
effluves, plus ou moins appréciés, et remontons au
niveau de la Crête. Traversons la route qui délimite
le territoire des communes d’Eysus et d’Oloron. Pas
de carrière, ni d’élevage intensif en projet
ici, non ! Un golf dans un secteur vallonné et
agricole, situé en "zone
de montagne", que les architectes spécialisés
assermentés décrivent comme environnement naturel
sensible, à protéger .!?!? On peut faire des rapprochements incongrus ces temps-ci :
pendant que s'étudie la création de ce golf, les syndicats
agricoles se plaignent du manque de terres agricoles. La
construction des routes prévues en ôtera aussi, assurément, une
très importante quantité. Ceci dit, on en apprend de belles
tous les jours: ainsi, le coût du seul entretien de tous
les golfs du monde se monte à plusieurs dizaines de
milliards de dollars/euros. (sans commentaire) En contrebas de ce golf, il
est prévu de transformer le gave d'Ossau en plan nautique,
....... [pourtant cet endroit
est/était excellent pour la pratique les activités
de canoë-kayak, ou rafting; à preuve, des épreuves du
championnat de France y ont eu lieu il y a quelques années,
faute d'eau ailleurs -sic!-. En partant de ce constat, il avait été dit en
conséquence, à l'époque! , que
l'endroit serait aménagé pour en faire un lieu où
ce genre de sport/loisir ..pourrait se pratiquer
régulièrement] Je
rappelle ici que le document officiel Natura 2000 (dont certains
élus ne veulent pas entendre parler..) a inscrit les
gaves d’Aspe, d’Ossau, d’Oloron, et leurs
affluents, dont le Lourdios et la Mielle susnommés, dans
les zones et réseaux sensibles du territoire français
à protéger. En outre, on apprend dans La
République du 9 mai 2007, que le débit de nos gaves
a baissé de 25 à 30 % en 4 ans (sic !) -c'est
dire leur fragilité ! - La période de forte
pluviosité qu'on vient de connaître est un
trompe-l’œil car le réchauffement de la
planète est régulier et irréversible. A
preuve, il
faudrait 100.000 années en arrêtant de suite toute
source de pollution pour retrouver un niveau normal de C0²
dans l’atmosphère, et il est prévu un doublement du
CO² dans l'atmosphère vers 2050...
Je
signale que l'ensemble des sites susdits se répartit
dans un petit périmètre (voir
carte du bas) , à
tel point qu'on peut en saisir l'étendue du regard à
partir d'un certain endroit situé tout près de
l'observatoire ornithologique d'Eysus.(sur la colline de Soumsus)
En
fin de compte, tous ces
projets sont décalés :..
-
par rapport à nos
besoins réels, - par
rapport à l’accroissement de nos connaissances en
matière de pollution, - par
rapport aux nouvelles habitudes alimentaires, - par rapport au changement climatique irréversible (même
si on peut encore le ralentir), - par rapport à la prise de conscience
grandissante de la collectivité,
quant à la nécessité de préserver son
environnement.
- par rapport à l'accroissement du prix des énergies fossiles et
de leur raréfaction
Ces
projets ont
en commun de défigurer -s'ils se réalisent-
de beaux sites naturels et de porter atteinte à notre
réseau hydrologique. On est donc en droit de se poser beaucoup
de questions: ...........
On peut se
demander par exemple, jusqu’à quel point, les
béarnais (de sang, de sol, d’adoption, de cœur
etc…) n’auraient pas un droit de regard sur LEUR
environnement, leur mot à dire sur la préservation
de LEUR patrimoine, du moins en ce qui concerne les projets
d’importance.
................On est en droit de se demander quels sont
les critères administratifs qui président (ou ont
présidé) à la détermination du
bien-fondé des projets, et quel est le point de vue à
ce sujet des organismes qui se réclament de la
préservation du patrimoine, ainsi que leur définition
du mot patrimoine ? - Le Petit Larousse en dit ceci : « bien
commun d’une collectivité, d’un groupe humain,
considéré comme un héritage transmis par les
ancêtres ». Le concept est donc très
large et la protection de l’environnement entre bien, donc,
dans le cadre de la préservation du patrimoine. On
pourrait y ajouter la défense de la langue béarnaise
qui entre aussi dans ce cadre, et n’a pas l’air
d’intéresser outre mesure les mêmes
organismes. Des comités regroupant les riverains et
toutes personnes se sentant concernées, tentent de faire
entendre leurs voix, en présentant de solides arguments,
et bénéficiant , en outre, de l’appui
déterminé de plusieurs maires. Ils semblent
pourtant avoir beaucoup de mal à se faire entendre.

Petite projection dans le futur
!!!!!! Les
carrières sont en grisé
>>>>>Associations
béarnaises se réclamant de la défense de
l'environnement <<<<<
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